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dimanche 31 mai 2009

Recreation dans le vieux Kashgar

Dernier jour sur Kashgar, je profites de la fin d apres midi et des temperatures plus cool pour moi pour me ballader une derniere fois dans les ruelles de la vieille ville. On est dimanche et les enfants n ont pas ecole aujourd hui. Ils jouent tous dehors, soit au ballon, soit a l elastique ou encore au ping pong contre un mur. Ils sont tres receptif a l appareil photo et c est avec grand plaisir qu ils posent pour moi, ils sont eclates de voir leurs trombines sur l ecran de l appareil photo. Si Louise et Leonie etaient la, je suis sur qu elles se feraient pleins d amis. Les enfants sont vraiment du grande gentilesse et c est avec beaucoup de plaisir que je partage avec eux une serie de jonglage footballistique avec en bonus quelques combo a peine reussi mais suffisant pour les epater. Je vais peut etre reprendre une saison de foot. Non la, je m enflamme.

Je suis rapidement entourres d enfants, ce n est pas pour me deplaire mais cela devient difficile de contenir toute cette energie et je dois faire le gendarme pour eviter les chamailleries. Apres une bonne partie de foot ou ma prestation ne fut pas brillante, je pars vers d autres ruelles ou je croise encore pleins d enfants qui profitent de cette belle journee pour s amuser entre eux.
Apres 2 heures passe dans la vieille ville, il est temps pour moi d aller a la station de bus acheter mon billet pour Osh au Khirgystan et rejoindre Phil et Nico pour des retrouvailles qui risquent d etre alcoolisees.
Probleme de derniere minute, un attentat a eu lieu a Andijan en Ouzbekistan, la frontiere risque de fermer temporairement, j espere que notre rendez vous prevu le 02 juin va pouvoir se faire.
Je garde un excellent souvenir de la Chine, pays fabuleux par la gentillesse des gens, la beaute des paysages et aussi par la cuisine qui est l une des meilleures au monde.

Il y a des rencontres trop courte

La ville de Kashgar est toujours aussi agreable pour moi, c est toujours avec autant de plaisir que je me perds dans les petites rues du quartier Ouighour et que je profites de l excellente nourriture presente ici. Apres avoir pris un lit dans un dortoir d une guest house de la vieille ville (repere des backpackers) on part se promener dans la ville, Nate ne connait pas Kashgar, je lui sert de guide. On s apprecie beaucoup Nate et moi et nos discussions sont vraiment interressantes. On echange nos points vues sur le monde et on compare un peu nos deux cultures pourtant tres proches. Au bout de 2 jours passes ensemble, j ai l impression de le connaitre depuis toujours. Malgre le peu de temps passe ensemble, on pourrait dire qu on est bon copain. Il y a des rencontres comme ca ou l on sait que l entente sera totale. Comme un vrai petit couple, on ne se quittes plus et on s amuses comme des enfants dans le parc d attraction de la ville.
Malheureusement, il a un avion demain, nos chemins vont bientot se separer.


samedi 30 mai 2009

Jeu du chat et de la souris

Je me reveille le matin de bonne heure. La nuit fut courte mais j ai bien recupere. Je suis presse de revoir Anadin. Apres avoir achete quelques legumes au marche pour offrir a la soeur d Anadin, je me dirige vers la route qui mene au lac Karakol pour y faire du stop. Quelques temps apres, toujours sur le bord de la route, je rencontre un americain qui s appelle Nate (il vient de Seatle) et qui lui va lui aussi au lac Karakol. On fait du stop ensemble et on arrive au lac vers 12 h 00.

Je retrouve anadin, qui est content de me revoir, je lui presente Nate. Apres avoir pose nos affaires dans la yourte et fume quelques cigarettes (Anadin fume toujours autant). On se decide avec Nate, d aller voir un glacier a 2 heures de marche d ici. Le temps est agreable, il n y a pas trop de vent et on avance tranquillement en faisant connaissance. Apres 1 heure de marche, on traverse un petit village et la, un homme sort d une maison et nous informe qu il n est pas possible de passer sans autorisation de la police. Un peu surpris d une telle interdiction, on fait demi tour pour retourner au campement.

Nate aime bien la biere et le soir venu, on achete quelques bieres au restaurant chinois un peu plus loin au bord du lac, qu on boit dans la yourte. Vers 1 h 00 du matin, alors qu on s apprete a s endormir, trois policiers armes avec casques et gilets pare-balles rentrent dans la yourte pour nous demander nos papiers et nous demander le pourquoi de notre venue ici. Ils veulent qu on les suivent au poste de police. Je refuse et je m enerve pretextant que nos papiers et nos visas sont en regle et qu on est dans une zone libre.
Apres 30 minutes d embrouille, les policiers partent, ils nous demandent de passer au poste demain matin. Ils peuvent toujours nous attendre.
Le lendemain matin, on decide de louer un chameau pour essayer de nouveau d aller voir ce glacier. On se dit qu avec un chameau et un guide ca sera plus facile et que le policier du petit village nous laissera passer. Et bien pas du tout, on rencontre de nouveau ce policier qui nous barre la route, il faut passer d abord au poste de police.
On decide finalement de se rendre au poste de police afin de comprendre ces nouvelles regles (qu il n y avait pas lors de ma premiere visite 25 jours avant).
Les officiers de police nous repondent un tas de reponses bidons, ils disent que c est dangereux, il y a des loups, des hommes armes et dangereux et que le temps n est pas bon la haut. Foutaise me dit Anadin. Apres 1 heure de reflexion avec Nate, on decide de retenter le lendemain matin mais cette fois ci en moto et "outlaw", avec des chauffeurs locaux de meche avec nous.
On part vers 6 h 00 du matin le lendemain afin d eviter les policiers qui probablement dorment encore. Juste avant le village, on descends des motos pour traverser un petit col a l abri des regards de la police. Les 2 motos traversent le village sans difficultes et nous recuperent apres. Le checkpoint est passe, on peut enfin se rendre au base camp du Muztagh ata. C est avec 1 heure de moto et des paysages superbes qu on arrive a un village d ete qui sert a faire brouter les yacks. On est a 4100 m d altitude et il nous reste 1 heure de marche pour rejoindre le base camp et son glacier a 4800 m d altitude. Une fois la haut, la vue est grandiose malgre un temps froid et couvert. On redescend tranquillement recuperer les motos pour revenir au lac, en prennant la precaution d eviter d etre vue.

Apres un petit dejeuner chez la soeur d Anadin, on se met sur le bord de la route, on veut rejoindre Kashgar en stop. Le premier vehicule est le bon. On arrive a Kashgar en fin d apres midi content d avoir dejoue la surveillance de la police.
Comme dit Dora l exploratrice : "We did it".

vendredi 8 mai 2009

Anadin le Khyrgyz

J arrive au lac Karakul apres 6 heures de bus. Le trajet est somptueux mais je suis quand meme fatigue de la route, le siege etant un peu trop dur pour mon posterieur. A peine descendu du bus, un homme vient vers moi et me propose de m herberger pour la nuit. Il me propose 20 yuan soit 2 euro pour une place dans sa petite maison faite de pierre et de terre cuite, situee au bord du lac avec une superbe vue sur le Muzthag ata (7546 m d altitude). Meme si l endroit est tres "roots" (pas d eau courante et pas d electricite), j accepte son offre.
Apres avoir pose mes affaires, direction chez sa soeur pour le diner, une autre petite maison situe 800 m plus loin, toujours colle au lac. Au menu, the, pain, cigarettes (Anadin fume enormement) et pour repas une sorte de rizzotto avec du riz, des patates, de la viande et du piment. Le repas est tres bon et sa soeur insiste pour que j en reprenne davantage. Apres 3 bons bols de ce plat, je refuse son offre, c est trop pour mon estomac. Apres un derniere cigarette (je ne sais pas combien Anadin en a fume en 3 heures) on retourne chez lui pour se coucher. Il fait froid ici, on est a 3500 m d altitude et Anadin a la bonne idee d allumer son petit poele a bois. Petit probleme, le tuyau servant a evacuer la fumee est completement perce et il utilise du bois indutriel comme combustible (grosse couche de peinture des 2 cotes de la planche de bois). Resultat, au lieu d etre confortablement allonge dans mon duvet a dormir, je suis dehors en pleine nuit a attendre qu il eteigne le feu et que le gros paquet de fumee s evacue de la maison. C est a la limite de l asphixie, et toutes mes fringues sentent cette odeur de fumee chimique. Merci Anadin. Apres 1 heure d attente dehors dans le froid, je retrouve ma couche pour une bonne nuit de sommeil. Je reste finalement 2 nuits chez lui tellement il est attachant et sa famille acceuillante (ma deuxieme nuit fut meilleure). Il parle un peu anglais, on s entends bien ensemble. Il est fier de me ballader de maisons en maisons pour me presenter a ses amis et boire du the. Faut dire qu il y a aucun touriste ici. Les touristes qui viennent jusqu au lac font l aller retour dans la journee depuis Kashgar.
Je me sens terriblement sale, je n ai pas pris de douche depuis 3 jours et l odeur de mes vetements me poussent a rejoindre la ville de Tashkurgan (derniere ville avant le Pakistan) pour une toilette complete, il est temps. Je garde un excellent souvenir de cette experience malgre la promiscuite et la precarite du lieu.Je rejoins Tashkurgan apres 2 heures de route, j ai ete pris en stop par un camion transportant des legumes. Trajet fabuleux, sur la karakoram highway, avant la porte du Pakistan et le col du Khunjerab a 4900 m d altitude. Apres mon sejour au Pakistan, je retournerai voir Anadin avant de retrouver Kashgar pour rejoindre le Khyrgyzstan. Les prochains jours, je serais au Pakistan, les connexions internet y sont plus qu aleatoire. J essaierai malgre tout de vous donner de mes nouvelles.

mardi 5 mai 2009

La route continue

Le Xinjiang est le pays des extremes. Extreme beaute par les paysages saisissants et extreme violence par les temperatures qu il peut faire ici (+48 degres en ete et jusqu a - 52 degres en hiver). A la lisiere de la Chine, la ville de Kashgar,de tradition marchande est pour moi une ville tres agreable. C est un peu comme un voyage dans le temps, la vieille ville reste fidele a elle meme malgre la construction de nombreux buidings. On y trouve des forgerons qui s affairent toujours dans les ruelles du vieux quartier. Les marchands sont omnipresent et proposent toutes sortes de marchandises. Les odorantes gargottent de rues offrent pates fraiches etirees a la main, brochettes de mouton et de legumes. L ambiance et bon enfant, il fait bon vivre ici.

Apres 5 jours passe dans cette ville au charme pittoresque, il est temps pour moi de rejoindre la lac de Karakul dans les fabuleuses montagnes du Pamir. Je compte y rester 2 ou 3 jours pour profiter de l endroit avant de rejoindre Tashkurgan, a pied, en stop ou en bus. Derniere ville chinoise avant de basculer au Pakistan et decouvrir l Himalaya musulman.

"On sait bien ou l on veut aller, mais on ignore, quand, comment, par quel chemin on y parviendra. Inutile de s en soucier d avance, on verra bien ..."

Theodore Monod

lundi 4 mai 2009

Nos amis les betes



Ce matin, je me dirige tranquillement vers la grande place (celle ou il y a la grande statue de Mao). Je prends le bus numero 16 qui me depose dans la banlieue de Kashgar au Sud Est de la ville, juste devant l entree du marche aux bestiaux. A peine arrivee dans l enceinte du marche, l odeur de ferme envahie mon nez et j entends deja une horde d animaux meuglants et belants accompagnee de marchands, de fermiers et de nomades. L endroit est bruyant et poussiereux. Les acheteurs potentiels "essaient" les cheveaux et examinent la dentition des moutons. On trouve ici, des chevres (avec de droles de posterieurs), des moutons, des taureaux, des anes et meme des chameaux. Je m arrete sur le chameau car c est vraiment un animal etrange. Il peut paraitre aussi majestueux, elegant et impressionnant de loin qu il est sordide et mesquin de pres. Couche ou debout il se chie dessus et quand il pisse, ce n est guere mieux. C est tres anime et les negociations sont tendues, elles se concluent toujours par une bonne poignee de mains. Je passe ma matinee a observer toute cette activite avec comme precaution de rester toujours un peu a l ecart des taureaux qui sont parfois excites par les quelques vaches qui attendent d etre vendus.

dimanche 3 mai 2009

Tournez manege

Ca fait maintenant 2 nuits que je suis arrive a Kashgar, grand carrefour sur la route de la soie. Je dois dire que la ville me plait beaucoup. Je pars ce matin pour une ballade dans le grand parc de la ville, le parc du peuple comme il l appelle ici, sous l oeil protecteur d une enorme statue de Mao. Histoire de rappeler au peuple Ouighour que le Xinjiang est en territoire chinois. Une fois arrivee au parc, je decouvre un lieu serein, ombrage par de grands peupliers et autres arbres que je peine a identifier, beaucoup de fleurs et de plantes qui j en suis sur rejouierait ma mere. Des vendeurs de pasteques attendent le client et beaucoup de parents promenent leur enfant ("leur enfant" au singulier parce qu il y a toujours cette politique de l enfant unique). Faut dire qu il y a une grande fete foraine avec pleins de maneges, et des stands de tirs ou se defient grands et petits. Il y a foule ici, surtout qu il fait super beau, les parents sont autant excites que les enfants a profiter de cette journee. Je penses a mes filles qui me manquent toujours beaucoup. Les maneges sont kitch mais degagent un certain charme que je prends plaisir a observer. Apres une bonne demie heure a flaner entre les differentes attractions, je continue ma visite du parc vers les terrains de jeux tels que badminton, ping pong, basket et parcours sante.

Il est temps pour moi de partir, la vue de toutes ces familles epanouient me donne le blues, j aimerais tant pouvoir faire profiter les filles de cet endroit. Je retourne tranquillement dans mon quartier, j ai un peu faim et je suis un peu creve de ma courte nuit d hier. J ai eu du mal a m endormir et ce matin je me suis reveille super tot, je ne sais pas pourquoi. C est comme ca. Demain c est le marche aux bestiaux, au Sud Est de la ville, il parait que ca vaut le coup d oeil.

vendredi 1 mai 2009

Encore et toujours des decors de dingue

J arrive a Kucha a 4 h 01 (en Chine, les trains partent et arrivent toujours a l heure), il fait nuit noire et malgre ma gueule de bois, je marche jusqu au centre ville situe a environ 25 minutes de marche. Je suis fatigue et j ai envie que d une chose, trouver une chambre et me recoucher. Vers 5 h 00 du matin, je pose enfin mes bagages dans une superbe chambre (120 yuan soit 12 euro) ou je me repose jusqu a 10 heures. Petit dejeuner juste apres et direction la gare pour reserver mon billet de train pour cette nuit. Il faut savoir que reserver soi meme son billet et un peu comme un parcours du combattant. Les chinois ne respectent pas vraiment les files d attentes et il faut sans cesse jouer des coudes. j attends plus d une heure dans une cohue incroyable avant d obtenir mon billet pour Kashgar. Je vais pouvoir enfin profiter de ma journee.
Kucha est une ville aeree, des carioles a ane circulent entre de vilaines galeries marchandes modernes, parmi la poussiere. Je me dirige vers la station de taxi afin d y trouver un transport pour le canyon du Tian Shan a 75 km au Nord de la ville (information provenant du Coreen rencontre a Turpan). Coup de chance pour moi, un jeune chinois me propose ses services pour 100 yuan soit 10 euro au lieu de 150 yuan selon les informations que j avais obtenu. C est parti pour 1 heure de trajet a travers une route qui se faufile dans un decor aussi impressionnant, qu etrange (encore de droles de cailloux que jamais je me lasse de contempler). Une fois a l interieur du canyon, je m enfonce tranquillement dans cet etroit lit de riviere asseche, appareil photo autour du cou, je profites de la fraicheur ambiante.
Apres 2 heures passe dans ce lieu insolite, je regagne le taxi ou le chauffeur a profite de ma ballade pour faire une sieste.


Une fois revenu a Kucha, il est temps pour moi de preparer mes affaires, un petit resto et direction la gare.
Dans la salle d attente de la gare, j ecoute la musique de mon petit lecteur mp3 quand 4 jeunes collegiennes un peu intimidees m abordent pour qu on discutes ensemble. Elles me disent qu elles veulent pratiquer leur anglais et c est avec beaucoup de plaisir qu on bavardes ensemble. Je leur montre les photos de mes filles, elles me posent des questions sur ma vie et elles m apprennent quelques mots de chinois. Les filles sont tres sympas et souriantes. On reste une petite heure ensemble avec autour de nous quelques curieux qui nous observent, attires par le flash de l appareil photo.

Desole les filles, il est 4 h 00, mon train arrive, je dois vous quitter.
Direction Kashgar, dernier etape avant le Nord Pakistan.

jeudi 30 avril 2009

Le nez colle a la fenetre

Ca y est, je suis dans le train, direction Kucha. Cette ville est situee a mi-parcours sur la route qui mene a Kashgar. Je pars pour 12 heures de train de nuit et j arrive a Kucha vers 4 h 00 du matin. Dur pour ma nuit de sommeil.
Tres rapidement je fais connaissance d un israelien. Une heure pares le depart, on se dirige au wagon restaurant. On en bougera que tard dans la nuit. Au programme, bouffe, biere et boualo qui est un alcool fort local. Apres 2 heures a discuter ensemble, (malgre mon anglais approximatif) et a boire des coups, on commence tous les deux a etre pompette. on rigole bien ensemble, on discute de nos vies et on refait un peu le monde (l alcool aidant).

Le trajet est fabuleux, le train serpente lentement a travers les montagnes du Tian Shan, les montagnes sont blanches de neige et la lumiere est pure. Les bergers regroupent leurs troupeaux, pour eux aussi la journee se termine.
Apres quelques verres de plus et de franches rigolades a regarder les employes du train se faire reprendre par la superieure, il est temps d aller se coucher, il est 0 h 30, je descends dans 3 h 30. Je ne voudrais pas louper la gare et comme on dit par chez nous, "j en tiens une bonne". Pour te repondre Daniela (je te remercie de ta remarque au passage), j essaie de prendre les gens en photo autant que possible. Je m impose toujours de leur demander la permission avant. Quand ils refusent, je me tiens a leur decision et je respecte leur choix. C est d autant plus delicat chez les personnes de confessions musulmanes qui n apprecient pas beaucoup d etre prises en photo (ce que je peux comprendre).

mercredi 29 avril 2009

L hospitalite legendaire des musulmans

Je pars ce matin pour le village de Tuyok, a 65 km a l Est de Turpan. Je negocie avec un chauffeur de taxi Ouighour rencontre hier un tarif a 100 yuan l aller retour soit 10 euro. C est peut etre un peu cher, mais je n ai trouve personne pour partager le taxi avec moi, et c est toujours mieux que le tarif propose par un autre chauffeur qui lui me demande 250 yuan (il m a sans doute pris pour un americain). Je chauffeur s appelle Asmat Brahim, il est tres sympa, on s entends tres bien et on rigole souvent ensemble, a grand coup de claque dans le dos. Il est content de me conduire a Tuyok. En effet, ce village est un lieu de pelerinage musulman et il parait que y allait 7 fois vaut le hadj de La Mecque. Tuyok est un petit village dans une vallee verte encadree par les montagnes de feu (appellee ainsi par la couleur qu elles prennent quand le soleil est au zenith). Les champs sont, comme presque partout dans le coin, dedies a la vigne. C est un village traditionnel Ouighour qui se dresse devant moi a flanc de montagne.


L arrivee dans ce petit coin de verdure aux portes du desert me seduit immediatement. A peine les premiers metres faits dans les ruelles, que nous sommes invites dans une cour de maison, a partager avec une famille, un petit dejeuner compose de the, pain (naan), de patates en sauce piquante et d un fruit qui ressemble par l aspect et le gout a des mures. Ce repas est le bienvenu, je suis parti juste avec une bouteille d eau. On me propose du the et des fruits continuellement, et apres 30 minutes en leur compagnie, je quitte la maison bien repu et seduit par l hospitalite de ces gens.
Le village n est pas tres grand et j en profite pour voir toutes ces ruelles ou les gens s occupent tranquillement a l ombre, toujours un sourire a vous offrir ou des fruits a vous proposer que les femmes recoltent dans les arbres. L ambiance du lieu est superbe et je tombe sous le charme de l hospitalite et du bon savoir vivre qu on ces gens. Apres 3 heures dans ce village a circuler entre ruelles et champs de vignes, je regagne la voiture (une citroen xsara poussiereuse) pour un retour tranquille, tout emmerveille d avoir eu un tel acceuil. L un des grands moments de mon voyage pour l instant.
Demain je quitte Turpan pour Kuche, a mi parcours sur la route de Kashgar. Un Coreen qui partage le dortoir avec moi, m a parle d un endroit fabuleux la bas.


mardi 28 avril 2009

La tete dans le guidon

Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
...... A bicyclette

On connait tous la chanson d Yves Montand.

Il est tout juste 8 h 00, je prends possession de mon velo que je loue pour la matinee (20 yuan soit 2 euro). Direction les ruines de Jiaohe a 15 km a l Ouest de la ville.

Je traverse d abord la ville et il n y a pas beaucoup de circulation. Les magasins ouvrent tranquillement leurs portes, les marchands de fruits et legumes installent leurs etales et les enfants se dirigent paisiblement a l ecole du quartier. Une fois sortie de la ville, le bitume laisse place a de vastes champs de vignes avec toujours a proximite, ces droles de structures aerees qui servent a faire secher le raisin. L ambiance est tres rurale, je rencontre des carioles tirees par des anes bien courageux. Les fermiers se dirigent vers leurs terres, il faut entretenir les vignes pour une meilleure recolte.
Ma cadence n est pas tres soutenue malgre une fulgurante acceleration au km 7. Je laisse sur place et sans voix un vieillard sur son velo, et gagne ainsi le sprint de bonification pour la course au maillot vert (je sais que tu apprecieras cet effort, Simon). J arrive a l entree des ruines une petite heure apres mon depart, je dois attendre, l entree du site est encore fermee. Quelques temps apres, mon billet d entree en poche, je decouvre ce lieu fascinant ou vivaient 6500 habitants a l epoque antique. Il ne reste plus grand chose de cette cite mais on se projette facilement dans cet ancien temps avec ces rues, ces maisons et ces temples. On imagine la vie que les gens pouvaient avoir en ce lieu.
Apres une bonne heure a me perdre dans ces ruelles, je chevauche de nouveau mon velo pour un retour encore plus tranquille que l aller, la chaleur ayant fait son apparition, j ai peur de la fringale (hantise du cycliste) ou de l insolation. Je fais quand meme une derniere acceleration dans le dernier km, je vois derriere moi la voiture balai, j ai envie de continuer ce periple et surtout evite la disqualification.

Direction le restaurant Ouighour que j adore, puis sieste pour recuperer.

lundi 27 avril 2009

Mais quelle heure est il ?

J arrive ce matin par le train dans la province du Xinjiang, territoire du peuple Ouighours. Il fait deja chaud et je me rends a Turpan, situee a 58 km de la gare ferroviaire. Reputee pour sa production de raisin sec, Turpan est egalement connu pour etre le point le plus bas sur terre avec la mer Morte (- 154 m) et le point le plus chaud de Chine.

Nous sommes a l heure officielle de la Chine, dite "heure de Pekin", bien adaptee a des voyageurs qui n aiment pas se lever trop tot. Le "centralisme democratique" de l Empire du Milieu impose a tous ses habitants de partager le meme fuseau horaire bien que le pays s etale sur plus de 60 degres de longitudes (1/6 du tour de la planete). Les Ouighours adoptent leur propre heure qui differe de 2 heures a celle de Pekin. Toujours demander aux gens quand vous convenez d un rendez vous, si il est question de l heure de Pekin ou bien de l heure du Xinjiang.

Apres avoir choisi mon lit dans un dortoir de la Turpan Guest house (40 yuan la nuit soit 4 euro), je prends une douche bien fraiche histoire d attenuer les effets de la chaleur. Je me dirige ensuite vers la mosquee Emin, non loin de la guest house. De type afghan, la mosquee se detache sur le ciel bleu et les champs luxuriants de vigne environnantes. La ballade de 3 km est tres agreable, je sillonne les rues poussiereuses, bordees d arbres qui menent au monument.


Le contact avec la population est tres sympa, les gens sont souriant et viennent facilement discuter, poser quelques questions et echanger des sourires. Les femmes sont belles et elegantes, les Ouighours sont de type aryen, leurs visages ressemblent a ceux du peuple turc (d ailleurs cette province s appellee jadis le Turkestan chinois). Je rentre tranquillement de ma visite par le bus, la chaleur m ayant dissuade de faire le retour a pied, direction un petit resto occidental, j ai envie d un petit dejeuner a l anglaise (oeufs sur le plat, bacon, toast, patates et the vert).


Demain, je loue un velo pour une escapade de 30 km aller retour, visiter les ruines de Jiahoe.
Depart vers 7 h 30, afin d eviter les grosses chaleurs du midi.

dimanche 26 avril 2009

Chose promise, chose due

Voila Geoff, suite a notre discussion sur msn l autre jour je t apporte la preuve par l image que ce joli temple est bien a Dunhuang. J ai pas mal galere pour me rendre a cet endroit et prendre cette photo pour toi, j espere avoir droit a un bon apero des mon retour. J en profites au passage pour tous vous saluer, je pense egalement a vous tous et au retrouvaille pour le mariage de Simon et Daniela, qui approche au fil des journees qui passent. bises a vous aussi les futurs maries new yorkais.

Derniere journee dans l oasis de Dunhuang

Je profites de mes derniers moments dans cette oasis sympa en plein desert de Gobi pour aller faire ma ballade matinale. Je decide de marche sur les dunes et de m enfoncer dans le desert histoire de ressentir un peu plus encore l ambiance de cet endroit. Apres 15 minutes d ascension, je me rends compte que ce n est pas chose facile et qu il va me falloir beaucoup de temps et de courage pour arriver tout la haut. Gravir a pied les dunes demande un effort extremement soutenu et vite epuisant, sous l ecrasant soleil du desert. Apres 40 minutes, j arrive enfin en haut d une dune qui est loin d etre la plus haute. Je suis completement bouillis par l effort accompli et je m accorde un bon quart d heure de pose pour retrouver mes esprits. Les dunes de Mingsha (comme on les appelles ici) evoquent de maniere allegorique la traversee du desert qui attendaient les caravanes se dirigeant vers l Ouest. Haute de 250 m, elles offrent un panorama unique sur l oasis de Dunhuang, la vue est magnifique malgre une legere brume.

Apres une bonne heure a contempler ce paysage, je me lance dans un "tout schuss" dans le sable pour redescendre. En moins de 10 minutes j arrive en bas, content d avoir eu de bonne sensation a descendre la dune en courant. Direction maintenant le temple du croissant de Lune, un temple au milieu des dunes ou il faut payer un droit d entrer. En marge du temple, des excursions a dos de chameaux et des descentes de luge sur les dunes de sables sont proposees. Il y a meme un gars qui monte les luges par un escalier de bois, le pauvre. L endroit est joli, bien que beaucoup trop touristique a mon gout (un chinois rencontre parlant anglais m a dit qu il n y avait personne en ce moment, ce n est pas la saison touristisque). On a du mal a le croire quand on voit tous ces touristes chinois qui envahissent le lieu et qui mettent a mal ce decor. Je prends finalement gout a observer, l excitation de tous ces chinois qui profitent de toutes les activites proposees.(munis de bottes orange fluo pour eviter l intrusion du sable dans leurs chaussures) Apres 1 heure dans ce "parc d attraction", je retourne a la guest house, mon ventre crie famine et il va etre temps pour moi de faire mon sac. J ai un train ce soir. Train de nuit en couchette dure, 500 km et un billet a 100 yuan soit 10 euro. Demain matin, j arrive sur Turpan, au Xinjiang chez le peuple Ouighour.