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lundi 22 juin 2009

Derniere escapade avant l Ouzbekistan

Je suis actuellement dans la ville de Karakol, a l extremite Est du grand lac d Issy Kul. Apres une journee de repos et la visite du musee de Prewalski (explorateur de la Haute Asie du 19 eme siecle), je me decide a louer une tente pour une randonnee et aller jusqu au lac d Ala kul (3500 metres d altitude). Duree 2 jours de marche avec 1 nuit sur place. La veille au soir, je rencontre un couple d italien au restaurant (Carmen et Loris) . Ils parlent francais et on fait rapidement connaissance. Ils voyagent pendant 8 mois avec leur 4 x 4 amenage, ils arrivent "overland" depuis l Italie. Ils projettent egalement d aller au lac et tres naturellement on decide de faire ce trek ensemble. Le repas fini, on se donne rendez vous le lendemain matin a 9 h 00. Le lendemain matin, on part avec leur 4 x 4, direction la vallee de Karakol. Leur vehicule nous permet d avancer sur la piste et d ecourter un peu notre marche. Apres avoir confie le 4 x 4 a des locaux vivant dans une yourte pour l ete, on se lance dans cette superbe vallee, tres boisee. Le temps est frais et ensoleille, la matinee est agreable. Apres plus de 2 heures de marche, la vallee s elargie, une vaste plaine s offre a nous avec pas loin d une centaine de chevaux, paisible, a manger de l herbe ou a se reposer. Le spectacle est magique. Un peu apres, on arrive sur une autre plaine avec deux yourtes. On hesite sur le chemin a prendre et on decide d aller demander conseil aupres des gens ici. A peine arrive a leur campement, que l acceuil est tout de suite tres chaleureux. 5 minutes de discussion suffisent a nous voir offrir le the, du pain, salade de concombre et deux belles assiettes de pates qu on mange tout en discutant avec les Khirgyzes. Carmen et Loris sont aux anges de se voir offrir de la pasta ici. "La pasta che abbiamo mangiato nella yurta era delizioza" dira meme Carmen. C est vrai qu elle etait bonne ces pates.

Apres avoir dit "au revoir" a toute la famille, on se dirige, comme nous l a indique Belek le khirgyze, vers une vallee perpendiculaire a la premiere, pour 1 h 30 de montee, parfois ardue, jusqu a un replas ou on plante la tente pour la nuit. On est a 2 heures du lac et on decide de se lever le lendemain matin de bonne heure pour y aller et poursuivre jusqu au col puis revenir au campement pour retourner sur nos pas jusqu a la voiture, soit une bonne trentaine de kilometres. Un tres beau et surtout tres long programme nous attends.
Debout 6 heures le lendemain matin, j ai pas tres bien dormi, j ai eu un peu froid et la tente que j ai loue a pris un peu l eau. Apres un petit dejeuner et apres avoir cache nos sacs dans la foret, on se lance dans une terrible ascenssion qui doit nous amene au lac. Il est 6 h 40 du matin et on avance tranquillement. Apres 2 heures d efforts et de sueur, on arrive au lac vers 8 h 30. Le lac est encore completement gele malgre ce premier jour d ete. On poursuit notre route jusqu au col, le long de la partie Sud du lac. Apres 1 petite heure de marche supplementaire, on commence la montee finale de la grosse pente qui nous conduit au col situe a 4000 metres de haute. Plus on grimpe et plus le decor se livre a nous. On commence a comprendre que la vue de la haut va etre somptueuse. Une fois arrive la haut, je suis fascine et emue par la beaute du decor qui nous entourre sur 360 degres. Des montagnes blanches a pertes de vues, partout. Une succession de montagnes, les unes derrieres les autres, avec en contrebas ce lac gele d Ala Kul. J ai l impression d etre un alpiniste en haut d un 8000. Je n ai pas envie de redescendre, la vue est magique, presque irreelle. Apres la photo de groupe et une pause cigarette pour moi, il est temps de redescendre, on a encore beaucoup de chemin a faire. On marche encore toute la matinee et toute l apres midi avant de rejoindre leur 4 x 4. Il est 18 h 00, on est installe dans le vehicule pour les 14 derniers kilometres qui nous separent de la ville. En recompense de cette belle petite aventure, un bon resto ensemble et surtout une bonne "piva"(biere en Russe) pour feter notre reussite.
Apres les echanges de mails, on se quitte au coin d un carrefour, eux continuent plus a l Est encore, moi je me dirige tranquillement vers l Ouzbekistan et les mosquees bleues.

"Cara Silvia, a te che piacciono le montagne devi venire in Khirghizistan : tanta natura ancora intatta" Carmen et Loris

vendredi 19 juin 2009

32 ans au Khyrgizstan

J ai rendez vous avec mon ami Sergei ce matin a 9 h 00. On est pas oblige de partir tot, on a que 4 heures de marche jusqu au lac de Kol Ukok.
Quand je retrouve Sergei, il semble embarrasse et me propose d aller au lac dans la journee et de revenir le soir. Je suis un peu embete, j aurais voulu passer la nuit la haut. Me voyant gene, il me confie que sa copine vient de le rejoindre hier depuis Bishkek, il aimerait passer un peu de temps avec elle. Ni une ni deux je lui propose, si ca le derange pas, que sa copine vienne avec nous. Tout content de ma proposition, il me reponds dans la foulee par un gros "oui".
Apres avoir verifie que la tente etait complete, direction le bazar pour acheter de quoi manger pour 2 repas et biensur un peu d alcool pour feter mon anniversaire.
On a fait le plein de bouffe, j ai egalement achete une bouteille de champagne et 2 bouteilles de chardonnay moldave. Sergei et Helena sont ravi de m accompagner et je suis ravi egalement qu ils m accompagnent la haut pour feter ca.
Apres 30 minutes de jeep, on commence notre marche tranquillement, la pente est douce et on avance bien malgre un lourd chargement. Helena souffre un peu, c est sa premiere sortie en montagne pour cette fille de la ville et l effort de la marche la rend rouge comme une tomate. Elle est gene a demander des pauses. 3 heures de marches plus tard, on arrive sur la derniere partie de la randonnee, une grose butte a franchir et on arrive au lac. 2 heures plus tard, la tente est montee, nos affaires sont installees et on debouche la premiere bouteille en meme temps que la pluie arrive. Verdict pour le vin : plutot pas mauvais, servi bien frais dans des cobelets en plastique, tout le monde apprecie.

Le temps est couvert et la averses se multiplient. Tant pis pour nous, on reste sous la tente. Ca tombe bien, j ai envie de boire. Et hop, deuxieme bouteille a une cadence digne d un vendredi soir chez Mr G. Diner dans la foulee, champagne en dessert avec le kilo d abricots que j ai achete au bazar. Pour digerer, on bavarde une bonne heure avant de tous tomber, bien fatigue par l effort et les kilos sur le dos.
Le lendemain matin, on part Sergei et moi pour un autre lac, situe a 3540 metres d altitude. Apres 1 heure de marche, on parvient a ce petit lac couvert de neige. On ne reste pas longtemps la haut, il fait froid et il y a beaucoup de vent. On redescend tres vite pour retrouver des temperatures plus clementes.
Une fois la tente et nos affaires ramasses, on repart par le meme chemin qu hier pour retourner sur Kochkor. En passant devant quelques yourtes, on est invite a prendre le the avec la famille vivant la pour l ete. Le moment est tres agreable, on rigole bien et on s amuse a prendre des photos. La confiture des nomades est toujours un delice a manger. Apres avoir pris conge, on marche encore 1 heure avant de rejoindre Kochkor, en milieu d apres midi.

J avais confie a Sergei que je voulais acheter une petite yourte pour Louise, pour qu elle puisse jouer avec ses playmobil. Juste avant de se quitter, il me donne une petite yourte en feutre, pile la taille pour faire dormir 2 playmobil. Je suis tres content de son geste et je le remercie longuement. Apres un echange d adresse mail et de franche embrassade, on se separe pour de bon, lui repart en trek.
Je gardes un souvenir inoubliable de ce mec de 20 ans, super sympa, tres interressant et intelligent avec un humour qui m a fait rire pendant ces 4 jours que j ai passe avec lui.

jeudi 18 juin 2009

Journee 3

Dernier jour de marche aujourd hui et on a 5 heures de route avant de rejoindre le village de Kyzart. Sergei m a prevenu que le parcours serait tres tranquille, en pente douce et seulement 25 kilometres a parcourir. Apres avoir pris le petit dejeuner et dit "au revoir" a la famille qui nous a heberge dans leur yourte pendant 2 nuits, on se met en route bien decide a etre a l heure pour le rendez vous que Sergei a fixe avec le chauffeur de la jeep qui doit nous ramener sur Kochkor. Effectivement, Sergei ne m a pas menti, le chemin est tranquille, tres agreable et les kilometres defilent, toujours dans ce beau decor compose de belles collines vertes aux formes arrondies avec en toile de fond toutes ces montagnes encore enneigees. Il y a egalement toujours autant de chevaux avec leurs poulains non loin autour. Plus on se rapproche du village, qu on apercoit au loin, et plus on quitte peu a peu ces montagnes pour arriver finalement a Kyzart avec seulement 15 minutes de retard sur l heure initialement prevu et fixe 3 jours auparavant. Apres un bon the, du pain et de la bonne confiture pris chez une habitante du village, on retourne sur Kochkor avec la jeep pour 1 h 30 de trajet. Dans le vehicule, je demande a Sergei si il veut m accompagner de nouveau pour un autre trek (2 jours de marche et 1 nuit sur place) pour aller voir un lac situe a 3500 metres d altitude, Kol Ukok lake. Je lui confis que je ne suis pas tres rassure de rester tout seul la haut, j ai peur de croiser des loups. C est avec grand plaisir et un grand sourire qu il accepte. On est devenu bon copain et il me repete souvent qu il aimerait bien avoir que des touristes comme moi. Une fois arrive sur Kochkor, un bon sauna russe m attend pour decrasser toute la salete que j ai accumule pendant ces 3 jours de marche. Apres 1 heure passe a haute temperature, je ressors du sauna vanne mais completement propre.

mercredi 17 juin 2009

Journee 2












On se leve relativement de bonne heure, il doit etre 7 h 30. J ai pas tres bien dormi, j ai eu un peu froid (on m avait prevenu). Apres un bon petit dejeuner (porridge a la semoule de ble, the, pain et confitures), on part tranquillement et toujours sous un beau soleil vers le col du Song Kol situe a 3450 metres d altitude. Le debut de la matinee est tranquille, on longe une vallee pendant 1 heure avant d arriver au pied du col. Apres une pause cigarette (Sergei fume beaucoup et j ai du mal a refuser ces propositions de cigarettes) on se lance dans une montee qui n est pas longue, mais tres pentue. Il n y a pas de vent et la chaleur devient genante. Je suis completement en sueur et je suis oblige de m arreter toutes les 20 minutes pour recuperer mes esprits. C est apres 1 h 30 de montee qu on arrive enfin au col. Je decouvre mes premieres vues sur ce fameux lac. je suis seduit par le calme et la beaute du lieu. On marche encore 1 heure en direction du lac. Je propose a Sergei de nous trouver un beau promontoir pour la pause dejeuner. Le repas est tres agreable, on continue de faire connaissance et on s apprecie de plus en plus. On se fait une bonne bouffe ensemble en ecoutant sa musique via son telephone portable. Il me demande de lui traduire une chanson francaise qu il adore (la chanson s appelle "qu a t il de plus que moi" et vous vous en doutez parle d une separation amoureuse). Malgre mon niveau d anglais, j arrive a lui faire comprendre le sens de cette chanson. Bien repu du repas, je laisse Sergei faire une petite sieste pendant que je fais mon petit tour, a la recherche de point vue pour faire des photos.

Apres 2 heures passe dans cet endroit, il est temps pour nous de rejoindre le camp nomade, on a 3 heures de marche pour le retour. Je propose a Sergei de passer par un autre chemin, je lui explique que je n aime pas retourner sur mes pas et c est avec beaucoup d envie qui s engage sur un nouveau chemin qui longe la ligne de crete. Vues grandioses a 360 degres sur toutes les montagnes alentours et sur le lac avant de redescendre sur le camp de yourtes. La descente est raide et il reste encore un peu de neige par endroit. Le sol est humide et on glisse souvent. L accumulation de petits pas pour la descente me fait mal aux cuisses. Je suis fatigue de l effort du jour et de ma courte nuit. J ai envie que d une chose, arriver au camp et m allonger sur l herbe, jambes tendues. Juste avant d arriver au campement, on trouve sur notre chemin une vache qui est poste juste devant nous, juste sur le sommet d une colline et qui semble profiter de la vue. Elle semble sereine et nous la laissons tranquille pour qu elle puisse continuer a profiter du panorama.

A peine arrive aux yourtes, que la famille qui nous accueille nous demande un coup de main pour rassembler les quelques 800 moutons qu ils possedent. C est marrant de voir toutes ces betes marche sur les flancs de vallee et de les voir revenir chaque soir et attendre l ouverture de l enclos. Des l ouverture de la porte, l un des bergers se poste a l entree de l enclos et prends soin de compter chaque tete. Je comprends mieux maintenant l expression "compter les moutons" pour trouver le sommeil. Le spectacle a un cote ennivrant. Ce travail etant accompli, il est temps pour nous de prendre le diner, ca tombe bien, j ai beaucoup faim et c est avec beaucoup d entrain que je fais honneur a la cuisine de la patronne. J ai promis a Sergei d essayer de faire des photos de nuit de la voie lactee (elle est superbe ici, nullement gene par les feux de la civilisation). On attends 11 heures du soir dans la yourte en discutant avant de se poster dehors, sur l herbe fraiche et de s amuser comme des gosses a faire differents reglages pour avoir le rendu voulu.


Demain, c est le dernier jour de trek, on doit rejoindre Kyzart village avant un retour par la piste et en jeep pour Kochkor.

A pied jusqu au Song Kol journee1

Apres avoir fait connaissance avec mon guide (Sergei), on part pour 1 heure de jeep direction le col de Kyzart situe a 2700 metres d altitude, point de depart du trek. Une derniere cigarette et nous voila parti dans une immense etendue d herbe avec des nuances de vert incroyables. Le paysage est fabuleux et je suis maintenant completement conquis par la beaute sauvage et naturelle de ce pays. On traverse le premier camp de nomade, c est l epoque ou les bergers tondent les moutons, ils sont debordes de travail (environ 600 moutons a tondre). Il y a aussi un nombre incroyable de chevaux, c est un spectacle magique de les voir en pleine nature dans cet espace preserve. Apres une courte discussion avec le berger, nous continuons notre route jusqu a un petit col d ou la vue est egalement superbe. Le chemin est tres facile, les pentes sont tres douces et on avance rapidement pour arriver pres d une riviere ou l on prends notre dejeuner sous un superbe soleil. Je fais un peu plus connaissance avec mon guide. C est un jeune etudiant de 20 ans, super sympa avec qui j ai des conversations tres interressantes sur son pays. Il m aprrends beaucoup de choses et le courant passe tres bien entre nous.

Le pique nique fini et la cigarette fume, nous repartons pour les 2 dernieres heures de marche qui nous amene a un camp nomade situe aux pieds des montagnes, juste derriere le lac de Song Kol. On arrive aux yourtes vers 17 h 00, un peu fatigue quand meme malgre le faible denivele du jour. Apres avoir pose mes affaires dans la yourte, il est de coutume de se voir offert un the avec pain, creme et confitures. C est un veritable regal de gouter ces produits, la confiture d abricot et de fraise et tout simplement sublime, je n ai jamais goute de telles confitures. Apres ce quatre heures, je m allonge dehors sur l herbe pour profiter de la fin de journee ensoleille et prendre un peu de chaleur avant la nuit. Il parait qu il fait froid la nuit ici, faut dire qu on est a 2700 metres d altitude.

A peine le soleil couche et les moutons rentres dans leur enclos pour les proteger des loups que le froid arrive et nous cantonne dans la yourte. On mange une bonne soupe et pleins de pain avant de se coucher, demain une longue journee nous attends pour rejoindre le Song Kol.

jeudi 11 juin 2009

Camion rempli d oignons

Une demie heure apres m etre reveille, je quitte la guest house ou j ai passe la nuit. Un petit dejeuner sur le pouce au magasin d a cote (une barre chocolate et 2 oeufs durs) et me voila sur la route pres a faire du stop vers je ne sais ou, aujourd hui je me suis pas fixe d objectif de destination. On verra comment se deroule la journee. J attends quand meme 30 minutes sur le bord de la route sans qu aucune voiture ne s arrete pour moi. Il est 9 h 00 et j en ai marre de poirauter la, en plein soleil. Je decide de marcher, histoire de faire changer le decor qui m entourre. Apres un bon quart d heure de marche, j arrive au niveau d un camion stationne sur le bas cote. L adolescent qui accompagne le chauffeur est en train de resserrer les roues avant d affronter cette route de montagne qui mene a Bishkek, la capitale du pays.
Je demande au chauffeur si il y a une place pour moi et c est avec un grand et beau sourire qu il me fait comprendre que je suis le bienvenu a bord de ce vieux camion rempli d oignons.


Nous voila partis, le camion peine vraiment dans la longue montee qui mene au col (environ 70 kilometres) et la vitesse est reduite a 15 kilometres par heure. On doit s arreter toutes les 2 heures pour nettoyer l arriver d essence dans le moteur (petit tuyau a desencrasser). Resultat, 20 minutes d arret a chaque fois, le temps de soulever la cabine et d effectuer le nettoyage.
Il fait toujours beau et les decors sont de plus en plus beaux au fil de la montee, il y a un nombre incroyable de chevaux en liberte (bises au passage a Celine et Yann, les 2 cavaliers de la troupe). La lenteur du camion me permet d admirer le paysage et de prendre des photos. Mes 2 compagnons du jour sont tres sympas et on rigole beaucoup ensemble a essayer de se comprendre. Le jeune me confie que manger des oignons n est pas bon pour l erection. Je ne savais pas et j en prends vite note pour ne plus decevoir Morgane a l avenir.
Apres 4 heures de route, on arrive au col d Ala Bel (3184 metres d altitude) qui est encore sous la neige. La lumiere illumine toutes les montagnes autour, je suis aux anges. La descente se fait tranquillement dans une large vallee typiquement khyrgize, avec pleins de yourtes fraichement installees sur le bord de la route, et qui proposent a la vente du lait de jument fermentes (kumis). Je decide de passer la journee avec eux jusqu a Bishkek. Le trajet est encore long et il reste encore un col a franchir.
Apres 9 heures de route, on quitte les montagnes, on arrive en banlieue de la capitale. Je leurs propose une pause dejeuner (il est 18 h 00) et l on mange un tres bon "goulache" (puree, pates, ble et morceaux de viande) que je ne manque pas de payer en remerciement de m avoir amene jusqu ici.
Le chauffeur me depose pres du centre de Bishkek, nos chemins se separent, il me reste maintenant a trouver un lit pour la nuit.
2 jours de repos ici avant de repartir vers d autres montagnes et le somptueux lac de Song Kol plus a l Ouest.

mercredi 10 juin 2009

Entre taxi collectif et marchrutka

On se reveille de bonne heure, il est 7 h 30, une grosse journee de transport nous attend. On ne sait pas combien de temps ca va nous prendre d aller d Arslanbob a Toktugul (environ 300 kilometres de trajet) et on veut le faire au moins cher possible. Il est 9 h 00, on quitte le camp de vacances sovietique et je dois dire qu on est chanceux car la premiere voiture s arrete et nous propose de nous deposer a Bazar Korgon, a 50 kilometres d ici. Le vehicule est une petite Lada blanche qui sert de taxi collectif et on est bien content de la trouver, la journee commence bien.

Arrivee a Bazar Korgon 1 heure plus tard, deuxieme coup de chance, un marchrutka (mini bus qui suit un itineraire fixe et qui s arrete a la demande pour prendre ou deposer des passagers) part dans la foulee vers la ville de Kara Kol. Le trajet est agreable, et le mini bus n est pas trop rempli, ce qui me permet d etaler mes jambes. on arrive a Kara Kol vers 13 h 00, on a un super timing. On a juste attendu 1 heure depuis Arslanbob, ce qui est un petit record vu l irregularite des transports ici.

Apres 30 minutes d attente et une petite embrouille avec des chauffeurs de taxis nous proposant des tarifs exageres, on part a bord d un autre marchrutka pour la derniere etape de la journee, la ville de Toktogul.


Toktogul est une petite ville situe au bord d un grand reservoir d eau avec des decors typique du Khyrgizstan du centre. Le temps est superbe et on profite de cette belle fin d apres midi pour acheter quelques provisions au bazar de la ville. On se fait un grand pique nique dans le parc (on a rien mange depuis le debut de la journee) et on se separe. Pat ayant une tente, il veut faire du camping sauvage dans la montagne. On se dit au revoir et a bientot peut etre, nos itineraires peuvent se croiser de nouveau.
Le soir avant d aller me coucher, je vais a la poste locale pour appeler ma petite famille, les filles me manquent beaucoup et j ai besoin de les entendre. La vieille dame est tres sympas avec moi, elle fait meme des heures supplementaires pour me permettre de joindre mes amours.

lundi 8 juin 2009

Dans la pente d Arslanbob

Je pars d Och en fin d apres midi, direction Jalal Habad a environ 80 kilometres au Nord, le long de la frontiere Ouzbek. Je suis accompagne de Pat, un jeune australien de 21 ans. On va ensemble au village d Arslanbob.
Apres une bonne nuit passe dans un petit hotel de style russe (200 com soit 4 euro la nuit), on se fait prendre en stop direction le village d Arslanbob. Veritable oasis en altitude, ce village tranquille, adossee aux vertigineux mont Babash Ata, est entourree de vastes etendues boisees abritant, parait il, la plus grande plantation de noyers au monde entre le massif du Fergana et celui du Chatkal.
Une fois arrivee sur place, on se dirige vers Turbazar, qui est un ancien camp de vacances sovietique, a 2 kilometres au Nord d Arslanbob. L endroit est assez sympa malgre un style russe assez glauque et completement vieux. On y loue un pseudo bingalow pour 100 com chacun soit 2 euro par personne. C est le week end et l endroit est tres prise par les locaux qui viennent pique nique ou boire des bouteilles entieres de vodka. Heritage de l ere sovietique malgre un pays musulman, l alcool reste bien present dans le quotidien des gens et il est assez facile de voir des personnes ivres. L ambiance est tres kitch, entre la discotheque dans une grande yourte qui passe de la vieille "dance" des annees 90 a un niveau sonore digne des vieilles charrues et le parc ou boivent beaucoup de jeunes pour feter le week end, l endroit degage malgre tout un certain charme. D autant plus que les gens sont vraiment tres sympas et le contact est vraiment agreable. On rigole beaucoup ensemble, la vodka faisant sauter la barriere de la langue.
Le lendemain matin, Pat et moi decidons de marcher en direction d une cascade de 80 metres de haut situe un peu en amont dans les montagnes. Apres 2 heures de marche, on arrive a cet endroit qui n a rien de vraiment extraordinaire. Un peu decu, on decide de poursuivre et de faire une boucle en remontant un peu plus haut dans la vallee. Apres 2 heures de marche supplementaire, et apres avoir passe un petit col, on s apercoit que la descente de l autre cote va etre raide et longue. On n a pas envie de faire demi tour, on se lance dans cette descente cahotique, dangereuse et a la limite de l inconscience. La pente est raide et on doit glisser au moins toute les 3 minutes. Apres 2 heures de galeres, le pantalon et les chaussures bien taches par les glissades, on arrive en bas content d etre sorti de cette galere mais aussi completement fatigue par l effort et la concentration qu on a du garder tout au long de la descente.
Pour feter notre rando du jour, vodka.


vendredi 5 juin 2009

Entre espoir et desillusion

Il est 10 h 00, et le bus part enfin de la gare routiere. Direction le col d Irkectham pour basculer de Chine au Khyrgizstan. La route est belle quoique le decor est un peu sec et manque de verdure. Apres 4 heures de trajet, le bus passe la frontiere, 7 kilometres de no man s land et me voici au Khyrgizstan. L ambiance est sympa dans le bus couchette. Je suis a cote de 3 femmes khyrgize au caractere bien trempe et qui ont pris en grippe un chinois qui gene tout le monde avec ses 5 ou 6 gros sacs mit au milieu de l allee. Il se fait chambrer toutes les 5 minutes et tout le monde se moque de lui dans le bus. Lui fait l innocent, de toute facon il ne comprends pas ce que disent les femmes. Ils font moins les malins les chinois quand ils ne sont plus chez eux. Mes premiers instants dans ce nouveau pays que je decouvre au fil des kilometres sont intenses. Le sec de la Chine est remplace par de la verdure partout, des montagnes et des collines aux pentes douces caracteristiques du pays. On sent ici l ancienne presence Russe. C est un melange d Islande, de Mongolie, de Roumanie et de Russie. Apres quelques kilometres, la belle route se transforme en une piste qui prend l allure d une tole ondulee. Le trajet devient vite penible et les lombaires sont mises a rude epreuve. C est apres 4 heures de secousses, que le bus arrive enfin a Sary Tach, situe seulement a 80 kilometres de la frontiere. Ils nous restent encore 10 heures de trajet a travers les montagnes, de nuit et dans le brouillard.

Le bus arrive au petit matin sur Och. Je suis completement epuise par la piste. J ai pu dormir que 2 ou 3 heures par intermittence. Presse de retrouver la guest house ou on a rendez vous avec Phil et Nico, je quittes rapidement la gare routiere dans l espoir de les trouver endormi dans leur lit.

Une fois arrive a la guest house (situee dans un petit appartement d un immeuble typiquement Russe), je m apercois que mes deux comperes ne sont pas encore arrives. Tant pis, je vais attendre et aller aux nouvelles.

Apres 3 jours passes sur Och, je trouve la ville tres agreable, Och est tres aeree et la ville a beaucoup de verdure. Le bazar (marche) est tres interressant et authentique, on y trouve une multitude de population tels que les tadjiks, les ouzbeks, les khyrgizes, les russes, les chinois et meme les pakistannais. j apprends que Phil et Nico ne pourront pas me rejoindre, la frontiere etant ferme suite aux derniers incidents dans la region.

Tant pis, ma route continue, je pars en fin d apres midi pour Arslanbob, qui parait il detient la plus grande plantation de noyers au monde, dans un decor de montagne fantastique.

J ai bien envie pour ces prochains jours, de partir en randonnee une dizaine de jours avec un guide et un cheval pour traverser une partie du pays.
Ca sera mon cadeau d anniversaire.